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QUESTIONS-REPONSES #110 - Obligation d’harmoniser les tarifs du SRH

Questions de nos stagiaires, réponses de nos experts.

EDITORIAL - Le temps de l’évaluation

Par Serge Pouts-Lajus, directeur et co-fondateur d'Education & Territoires.

A vos côtés - Organiser la mission d’entretien dans les collèges de l’Eure-et-Loir

Entretien avec Anne-Louise Belle, cheffe du service vie des collèges du Département de l’Eure-et-Loir

prochaines formations

Répartition des moyens humains et référentiels de niveaux de service

Remise de l'outil Excel de modélisation utilisé pour le calcul des effectifs théoriques d'ATTEE.

07 et 08 février 2019

Sectorisation scolaire & Projection démographique

Témoignage et études de cas

28 février et 01 mars 2019

L'analyse des comptes financiers des EPLE

Méthode pour l’analyse et étude détaillée d'un compte financier authentique

07, 08, 28 et 29 mars 2019

le 09 janvier 2017

EDITORIAL - Rénover vraiment l'éducation

« Et si on tuait le mammouth ? » de Soazig Le Nevé et Bernard Toulemonde est sorti en librairie le 7 janvier.

Et si on tuait le mammouth ?En épigraphe de leur livre « Et si on tuait le mammouth ? », Soazig Le Nevé et Bernard Toulemonde auraient pu choisir cette phrase du philosophe autrichien Leopold Kohr : « Partout où quelque chose ne va pas, quelque chose est trop gros » (cité par Olivier Rey dans « Une question de taille », Stock, 2016). Ou bien celle-ci de François Dubet à propos de l’éducation nationale : « on ne peut pas éternellement regarder un système se défaire… ».

C’est précisément pour ne pas rester inertes devant une institution qui se défait que Soazig Le Nevé et Bernard Toulemonde ont rédigé un ouvrage dont le titre est davantage qu’une provocation. Le problème de l’Education nationale nous disent-ils est d’abord un problème de taille : le mammouth est trop gros, trop gras, il n’est plus viable, plus réformable en raison de sa taille même.

Le crime auquel nous invitent nos deux auteurs est bien sûr un crime symbolique. Il s’agit plutôt de faire maigrir l’animal, de l’alléger. Le traitement proposé, forcément difficile, a pour but d’assurer la survie de l’institution, de la mettre en position de pouvoir enfin se rénover et de gagner en efficacité. C’est ce que tout le monde souhaite. A commencer par les responsables politiques qui inscrivent toujours dans les priorités de leur programme, la rénovation, la refondation et même à présent la révolution de l’éducation.

Mais quand il s’agit de passer à l’action, force est de constater que leur détermination finit toujours par faiblir. C’est ce que raconte le livre. En s’y prenant de la même façon, les ministres obtiennent toujours les mêmes résultats. Il faut donc changer la méthode dans ce qu’elle a de plus constant : la centralité de la décision. La difficulté est bien là : exiger de l’Etat qu’il abandonne une partie de ses pouvoirs, obtenir de ceux qui profitent ou se satisfont de cette situation qu'ils acceptent la remise en cause de leurs privilèges ou de leurs positions.

L’intérêt de l’ouvrage et du travail de réflexion qui le sous-tend se situe, non seulement dans le diagnostic qui le fonde, mais aussi et surtout dans les propositions réalistes qui le concluent. Les changements requis sont importants mais ils sont à portée de main. Les auteurs les présentent sous deux formes : 17 mesures simples à mettre en œuvre dès 2017 et trois orientations plus stratégiques dont le contenu est développé dans la troisième partie de l’ouvrage.

Il s’agira d’abord de « bichonner les minorités agissantes », principalement dans le champ des pratiques pédagogiques innovantes. Le mouvement est enclenché depuis plusieurs années mais il se limite trop souvent à soutenir des initiatives individuelles sans s’attacher à ce qui doit devenir la règle : créer des mouvements collectifs durables.

Il s’agira ensuite de « donner le pouvoir aux responsables locaux » en accélérant le processus de décentralisation, initié en 1983, poursuivi en 2004 et auquel il faut à présent donner un nouvel élan. Par exemple en décidant de confier la responsabilité de l’enseignement professionnel aux Régions.

Il s’agit enfin de « libérer les établissements scolaires ». C’est peu dire que l’établissement scolaire est le parent pauvre du système éducatif français. Des écoles, des collèges et des lycées tous semblables, c’est la garantie de l’inégalité. Il faut donc permettre à tous les établissements ce que l’on n’autorise aujourd’hui qu’à quelques privilégiés de centre ville : constituer des équipes autour d’un projet inscrit dans la durée et qui acceptent, en tant que collectif, de rendre des comptes.

Par Serge POUTS-LAJUS