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QUESTIONS-REPONSES #110 - Obligation d’harmoniser les tarifs du SRH

Questions de nos stagiaires, réponses de nos experts.

EDITORIAL - Le temps de l’évaluation

Par Serge Pouts-Lajus, directeur et co-fondateur d'Education & Territoires.

A vos côtés - Organiser la mission d’entretien dans les collèges de l’Eure-et-Loir

Entretien avec Anne-Louise Belle, cheffe du service vie des collèges du Département de l’Eure-et-Loir

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Répartition des moyens humains et référentiels de niveaux de service

Remise de l'outil Excel de modélisation utilisé pour le calcul des effectifs théoriques d'ATTEE.

07 et 08 février 2019

Sectorisation scolaire & Projection démographique

Témoignage et études de cas

28 février et 01 mars 2019

L'analyse des comptes financiers des EPLE

Méthode pour l’analyse et étude détaillée d'un compte financier authentique

07, 08, 28 et 29 mars 2019

le 05 décembre 2018

Expulsion des logements de fonction

La jurisprudence dissipe toute incertitude pour les logements de fonction dans les EPLE.

JurisprudenceDésormais, le juge administratif est toujours compétent même si le logement n’appartient pas au domaine public de la collectivité.

Jusqu’à présent, l’expulsion d’un occupant sans titre d’un logement de fonction relevait du juge administratif qui pouvait la prononcer par la voie d’un référé (référé dit « mesures utiles », art. L.521-3 du code de justice administrative) mais à la condition que ce logement fasse partie du domaine public de la collectivité. Or, à l’occasion d’affaires récentes, la compétence du juge administratif a été étendue d’abord au cas où le logement n’est pas une dépendance du domaine public mais appartient au domaine privé de la collectivité, puis à ceux où le logement n’est même pas une propriété publique.

En premier lieu, il s’agissait d’un logement de fonction situé dans une maison forestière appartenant à la commune de Sélestat et mis à disposition de l’ONF (Office national des forêts) pour y loger ses agents. L’un d’eux, objet d’une mutation, s’était maintenu dans les lieux, empêchant ainsi d’y loger son successeur. La commune a alors saisi le juge administratif des référés de Strasbourg pour obtenir son expulsion. Le juge a effectivement ordonné l’expulsion mais l’intéressé a contesté cette ordonnance devant le Conseil d’Etat en faisant valoir que la maison forestière appartenait au domaine privé de la commune et que, par conséquent, selon les règles habituelles, le juge administratif était incompétent pour statuer. Le Conseil d’Etat saisit cette occasion pour étendre la compétence du juge administratif : « S’agissant d’une demande d’expulsion d’un occupant d’un logement concédé par nécessité absolue de service », le juge administratif a compétence pour prononcer l’expulsion « y compris lorsque celui-ci [le logement] ne fait pas partie du domaine public de la personne publique propriétaire » (CE 20 décembre 2017, n°402383, Commune de Sélestat).

Cet arrêt dissipe toute incertitude pour les logements de fonction dans les EPLE. En effet, dans l’état actuel des choses, ceux-ci font en principe partie du domaine public de la région ou du département propriétaire des locaux, à titre d’accessoire du domaine public constitué par l’établissement scolaire (article L.2111-1 et 2 du Code général de la propriété des personnes publiques). Mais dans certains cas, on peut s’interroger sur cette classification notamment pour ceux de ces logements séparés du collège ou du lycée, avec entrée particulière : on pourrait penser qu’ils appartiennent plutôt au domaine privé de la collectivité, d’autant que la tendance des textes et de la jurisprudence est de limiter l’étendue du domaine public. Avec l’arrêt « Commune de Sélestat », peu importe que ces logements appartiennent au domaine public ou au domaine privé de la collectivité : désormais le juge administratif est toujours compétent pour prononcer l’expulsion.

En second lieu, deux mois après cet arrêt, les plus hautes juridictions ont été encore plus loin, à propos cette fois des logements des CROUS : la compétence du juge administratif devient indépendante du statut des locaux qui abritent les chambres ; elle trouve son fondement dans les nécessités du service public car il s’agit de garantir son bon fonctionnement et sa continuité. C’est ainsi que le Tribunal des conflits a décidé que l’expulsion des étudiants qui se maintiennent irrégulièrement dans les chambres gérées par les CROUS relève du juge administratif dans tous les cas, que les locaux soient ou non propriété des CROUS (TC 12 février 2018, n°4112, Crous de Paris c/ M. Walid Z.) ; le Conseil d’Etat a pris la même position dans deux cas semblables (CE 21 mars 2018, n°408006 et n°407386). Cette jurisprudence est certainement applicable aux logements de fonction loués par les collectivités publiques pour loger leurs agents dans le secteur privé, ce qui est une pratique courante de certaines collectivités locales et des hôpitaux.

Dès lors, quel que soit le statut juridique du logement de fonction fourni par l’administration, c’est désormais toujours le juge administratif qu’il convient de saisir pour obtenir l’expulsion d’un occupant qui n’y a plus droit.

Par Bernard Toulemonde